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vendredi 8 janvier 2016

En « Mauritanien », chaque communauté a ses haratines finalement: Haratine, une fierté.. ! ! !

Et si on osait revoir la définition superficielle et générique du terme « Haratine », admise sans réflexion sur les évidentes implications issues de l’ordre esclavagiste et ses différentes manifestations. Il est utile et pertinent de différencier les ordres d’apparence en « Mauritanien » où tout est relatif finalement. En effet l’Homme Haratine peut être Beydane de culture mais admis en périphérie, Noir entièrement de peau comme tous les noirs de la terre et ayant le même statut social, coutumier, tribal et politique que tous ceux qui ont vécu l’ordre esclavagiste quel que soit sa teneur ou  sa nature à travers le temps et l’espace. Si on raisonnait sur l’ordre purement politique et statutaire, un haratine n’est pas Arabo-berbère, ni Soninké, ni Peulh, ni Bambara et ni Wolof . Mais le statut de Haratine peut être trans-communautaire car chacune des différentes communautés dans leur fonctionnement traditionnel en vigueur, a ses haratines statutaires intra-communautaires qui subissent les mêmes régimes déterministes sur le matériel et l’immatériel. Pour comprendre, il faut bien s’intéresser aux appellations connotées du terme haratine compris par « statut » au sein de toutes les communautés nationales.

Dans un esprit sincère et délesté de tout à priori du très connu élément communautariste  mauritanien, nous pensons que le statut de l’Homme considéré Haratine est très loin d’être le plus enviable. En effet la hiérarchisation sociale connue dans toutes les communautés, et promue et entretenue par les segments dirigeants tribalo-ethniques, donne une forme “d’intouchabilité” à ce statut dans l’imaginaire collectif à l’échelle trans-communautaire dominée par l’ordre tribalo-féodal. Au sein des communautés noires hors “haratine”, le haratine de statut est connoté avec peu de choses de positif. Plusieurs sobriquets douteux et farfelus sont truffés dans un discours admis tacitement qui révèle le vrai fond des considérations des uns et des autres vis à vis du statut de Haratine. Par exemple, chez les Soninkés, l’imaginaire collectif véhicule qu’un haratine de statut serait un docile par fatalisme et pouvant être un “brut inconsidéré et irréfléchi” sous ordre de son maître même un enfant. Sans vouloir s’étendre et gratter dans les rigoles des raccourcis peu reluisants de la construction socio-culturelle du “hardané” imagée, il est clair que l’Homme haratine est loin d’être une simple personne anciennement affranchie de l’esclavage.

 Cette logique caricaturale qui sous-evalue l’individu haratine, distrait même les personnes d’extraction sociale servile (castées esclaves) dans d’autres communautés, qui se croient, elles avoir un meilleur statut que celui du haratine. Sans doute, une drôle de corruption imaginative de ces castés esclaves qui vivent dans une somnolence intellectuelle et un alignement inconscient et inconséquent  qui inhibent L’Essentiel en eux. Ceux qui sont victimes historiquement de l’ordre esclavagiste et le régime féodal, auront une visibilité appréciable  digne de ce nom sur le nouvel ordre étatique reconnaissant le statut plein de citoyen, quand ils oseront se défaire des appartenances d’identification sociale et tribalo-ethnique. Comme un vrai haratine dans les références tribales arabo-berbères, un casté esclave chez les communautés noires n’est lié à un clan féodal qu’en étant subalterne de statut et à vie . Bien qu’on retrouve une certaine tendance à la tribalisation ou la féodalisation de certains milieux haratines qui croient s’honorer en reproduisant les mêmes  mécanismes qui sabotent l’émergence d’un régime des droits et devoirs égaux sur l’élément NATIONAL. D’autre part, il est certain que psychologiquement  le haratine (esclave franchi) engagé abolitionniste et anti-esclavagiste peut être plus libre et décomplexé qu’une personne d’extraction sociale servile issue des autres communautés noires. Notre haratine décomplexé a su se défaire des pesanteurs du régime tribal des anciens maîtres , en sachant que sa dignité et son honneur d’Homme ne peuvent pas dépendre des anciennes références déterministes intrinsèques à l’ordre tribalo-féodal. En effet, l’abolitionniste sérieux et radical a compris qu’avec l’effet tribalo-féodal point de vraie liberté pour les victimes et les lésés.

 Et il sort intelligemment et vaillamment des convenances inhibitrices soignées par les milieux dominants, pour faire appel à l’application stricte du Droit de l’ordre étatique qui reconnaît en théorie le Citoyen d’abord avant tout statut social ou coutumier particulier. Ainsi, le travail de fond consiste aussi à différencier ce qui révèle du culturel et du statutaire dans son cadre originel sur le matériel et l’immatériel. Pareille prise de conscience est loin d’être initiée sérieusement  par les anciens esclaves des autres communautés  (soninké, peulh et d’autres) , qui subissent des écueils psychologiques et ne veulent pas affronter l’inévitable à terme. Ces stigmatisés et lésés par l’ordre féodal très fermé, semblent se plaire au culturel intra-communautaire dans le temps et l’espace. Leurs droits légitimes en tant que Homme digne sont bafoués sur le matériel et l’immatériel par un ordre féodal trompeur et inhibiteur. On fait croire à certains endormis que l’ordre étatique serait injuste et discriminatoire à l’endroit de toute la communauté noire du pays, tout en voulant gommer habilement le fonctionnement traditionnel foncièrement injuste et exclusiviste des piliers de la société féodale. 

Pire, certains castés esclaves semblent même regretter l’ordre esclavagiste d’antan, et font le bonheur des féodaux purs et durs qui lient leur prestige identitaire dans le temps et l’espace aux soins portés au puzzle sociétal. Pour certains de ces féodaux obsédés par des statuts sociaux aux origines douteuses , avec le monde nouveau d’ouverture et de libéralisation de l’instruction, leurs sociétés sont menacées sans le régime de supériorité  et d’infériorité en Droits et surtout en dignité. Un régime qui a de l’avenir dans certains milieux, par exemple dans le monde soninké, un casté esclave peut se permettre de parler ouvertement qu’il est fier d’être “esclave” sur les ondes d’une Radio communautaire en plein Paris. Et pour lui, tous ceux (castés esclaves) qui refusent et contestent l’ordre féodal sont des complexés qui font honte à la mémoire de leurs ancêtres “honorablement” dociles . Sans oublier un certain ordre clérical et maraboutiste qui diffuse et prêche le fatalisme pour endormir davantage ceux qui se soumettent à un dit “Décret Divin” faisant d’eux des damnés au “sang impur”.

On dirait même que c’est à cause des fiches de paie en France, que ces dits complexés osent se rebeller. Suivant ce raisonnement fallacieux, on se demande quel est le statut de leurs maîtres féodaux en France, travaillent t-ils pour être payés par nos hôtes ou sont – ils les maîtres absolus en Tout même en occident..??
Un pareil personnage ne mérite pas un jour atteindre le statut de Haratine  (compris affranchi).

L’avenir paisible d’un ordre Juste et égalitaire dans un État démocratique et citoyen, dépendra beaucoup du traitement que chacune des différentes communautés aura réservé à ses “haratines statutaires”. À cette étape de notre évolution, la tendance générale est à la fuite en avant par le déni, le culturellement trompeur, les non-dits, le double discours et surtout une FOI DOUTEUSE pleine de paradoxes.


Kundou Soumaré

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