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lundi 29 novembre 2010

"Les séquelles sont beaucoup plus graves que l’esclavage "

Assiraje Hebdo : Vous êtes aussi un militant des droits de l’homme, vous étiez président de la Commission Nationale des Droits de l’Homme, quel regard portez-vous sur les questions relatives au retour et à la réinsertion des rapatriés mauritaniens ; à l’esclavage, au passif humanitaire et aux conditions socio-économiques des populations ?
 


Mohamed Saïd OULD HAMODY : Et bien, Il y’a une question à la résolution de  laquelle je suis très content, c’est le règlement  du retour des rapatriés. Je pense qu’au delà des différences entre les régimes qui se sont succédés depuis 2005, tout le monde a respecté le programme, tout le monde  a décidé de laver la tare de la honte. Ce qui était important pour la démocratie, pour la réputation du pays et surtout pour la justice et pour le raffermissement de notre unité nationale. Ce qui reste à achever en la matière c’est un règlement des documents d’identité qui élude  la mention à l’ancien statut du réfugié. Et il reste à installer, autant que faire se peut, les réfugiés (fonctionnaires et possédants) dans leurs situations antérieures. Et préparer le règlement des différends et conflits qui peuvent les opposer aux "moussafarine" installés quelquefois sur les propriétés vacantes (et qui ont droit aussi à la protection et aux réparations par les pouvoirs publics), aux hommes d’affaires qui ont accaparé des terres propriétés d’expulsés ou de collectivités ainsi que l’accaparement des biens de ces rapatriés par des parents restés en Mauritanie.  
 
Par contre pour le "passif humanitaire", je pense qu’il faut chercher la solution de cet épineux drame humain avec les concernés ou les ayant- droits des disparus. La solution doit être concertée, courageuse et, surtout, équitable. A mon avis le grand responsable de ce drame c’est l’Etat. Donc il ne faut culpabiliser personne autre que cet Etat. En effet les responsables ont utilisé les  moyens de la puissance publique pour commettre leurs forfaits. Ils ont été protégés par L’Etat. Ce même Etat qui n’a pas su protéger ses citoyens, et c’est lui qui doit demander pardon.
 
Le président de la république, a présenté des excuses  à Kaédi, pendant la prière d’avril 2009, je pense qu’il l’a fait au nom de l’Etat. Reconnaissons que l’Etat est comme une mère, personne ne peut se fâcher contre sa mère…
 
Pour ce qui est de l’esclavage, parlons franchement. L’esclavage traditionnel n’existe plus, comme celui où on prenait des gens qu’on vendait ouvertement ou qu’on tuait impunément pour sorcellerie.. Mais l’esclavage subsiste encore. Il y’a bien des cas avérés d’esclavage constatés et recensés à travers tout le pays. Par exemple des garçonnets et fillettes que les gens arrachent à leurs parents, qui ne vont pas à l’école servant dans les maisons, les tentes et les cases.. Des hommes et des femmes qui travaillent sans salaires, des gens que l’on prive de leur héritage. Un chat s’appelle un chat. Ce n’est pas l’esclavage que l’on a connu mais il y’a qu’à même des cas d’esclavage qui crèvent l’œil !
 
Et à l’Etat de donner l’exemple. Il doit imposer aux gendarmes et policiers de traquer les résidus de cette honte. Il doit imposer aux autorités du commandement territorial et aux magistrats de donner un exemple, un seul s’il le faut, et cesser la complaisance coupable et la cécité délibérée  qui font croire que désormais l’esclavage c’est le passé et qu’il n’en subsiste que les "séquelles". Désormais pour les cas avérés identifiés, il faut que la justice les condamne conformément à la loi pour que cela puisse disparaître.
 
C’est une honte et un danger potentiel pour la paix civile dans le futur. Il est impératif de le regarder courageusement dans les yeux et en éradiquer les survivances de pratiques que l’on ne pourra éradiquer que si on donne des exemples qui découragent les gens.
 
Pour ce qui est  des séquelles, c’est un une question à long terme. Effectivement les séquelles sont beaucoup plus graves que l’esclavage. Elles sont dans les mentalités, elles sont dans les pratiques de la loi, elles sont dans l’attribution des avantages multiples. Avantages pour l’attribution des bourses, dans les inscription scolaires, dans l’attribution d’équipements collectifs sociaux, les nominations de fonctionnaires, dans les concours, dans les attributions des terrains, dans le traitement des dossiers de délinquants, dans la place occupée dans les maisons d’arrêt etc. etc.. Mais ses séquelles sont à long terme et il faut les régler.
 
Pour ce qui est des conditions socio-économiques des populations, il y’a certaines conditions difficiles. Mais je crois que les moyens de l’Etat existent et ils sont limités, modestes peut être, mais il y’a aussi la mauvaise gestion, l’incompétence même de ceux qui sont chargés de la gestion des biens publics ; incompétence et inconscience aussi dans presque toutes les structures administratives. Mais je crois qu’il y’a un autre avantage que les mauritaniens détiennent, c’est la solidarité qui atténue les drames et réconforte  beaucoup dans ce pays. En effet ni vous ni moi ne pouvons vivre de ce que nous avons tous seuls. Nous sommes obligés en réalité de partager, de distribuer à des cercles concentriques. Nous sommes, grâce à Allah et à nos difficiles conditions des vases communiquant. Et il paraît que cela ne favorise pas le développement. Et c’est tant mieux, d’après moi ! Cette solidarité magnifique qui est dans l’islam et qu’on ne trouve pas dans beaucoup de pays qui ne se soucient ni des vieux et des personnes nécessiteuses ou même du voisin est terrible  car elle génère les drames, misères et animosités.
 
Appuyons nous sur les deux vraies mamelles du pays : notre immense, maa chaa Allah, cheptel( ovin, caprin, bovin et camelin) et notre agriculture ( au bord du fleuve bien sûr, mais aussi oasienne et dans les "grara" inondables et derrière les barrages), nos richesses halieutiques et développons un élevage aviaire etc. Subsistons mieux et plus équitablement en assurant une meilleure répartition des biens du pays, une meilleure gestion de ses fonds publics. Et protégeons Nouakchott, qui risque de devenir une  immense tête dans un corps maigrichon : l’encéphalite. En raison  des conditions de vie difficile, Il faut donner des chances à ceux qui sont de l’intérieur. Il faut discriminer Nouakchott pour les infrastructures dans le futur et dans les avantages des employés des services publics. Il faut délocaliser les structures administratives pour permettre à d’autres zones d’évoluer et de s’épanouir, sinon c’est la catastrophe par l’exode des derniers habitants de l’intérieur vers les kebas improductifs de Nouakchott.

Entretien réalisé par Oumar Amadou M’baye

dimanche 28 novembre 2010

Paris grande manifestation





Les Mouvements politiques IRA-FM,FLAM et Les Associations et ONG des Droits humains AFMAF,AHME,AVOMM,CSDM,GMR,OCVIDH et les partis politiques APP,DEKALEM,PLEJ ont été manifestés cet après midi à l'espace de TROCADERO à Paris-france en grand froid demandent leurs droits .et à présence beaucoup de personnalités et militants.
IRA-FM était représenter par : CHADAD Amar, Mohamedin ZAHAF,BRAHIME ould ali, BA idrissa et yahya ould BRAHIME
Les participants sont descentes dans la rue de paris  répétant : NO au racisme à Mauritanie-NO l'esclavage en Mauritanie NO à l'impunité NO au génocide .No à l'injustice.
Après deux heurs à l'espace de trocadero les manifestants continué vers l'ambassade
à l'arrivée  à l'ambassade Madame Marieme kane à commencé à lire le discours commun signés par les associations participants et à fin on a laissés un copie de le discours à l'ambassade mauritaniein en France
 
              Paris le 28 novembre 2010
              le secrétaire général de IRA-FM CHADAD Amar

Mauritanie: Journée de deuil

Photos de la journée des martyrs comme si vous étiez et déclaration de la présidente d'AFMAF

 


Bonjour à tous,
Tout d’abord mes condoléances à nos martyrs et à leurs familles. En cette veille de la journée de deuil du 28 novembre à la mémoire de nos martyrs, il est nécessaire d’unir nos forces pour que jamais ces actes de barbaries ne se reproduisent. Pour cela, nous avons besoin d’unir nos forces pour que notre cause soit entendue et que justice soit rendue. Mais, je me pose la question de savoir si un jour nous obtiendrons gain de cause. Je n’en suis pas sûre, -Vu les division qui nous minent depuis des années. -Vu la haine qui s’est installée. -Vu l’attitude mesquine que nous affichons sans gêne, alors que nos frères ont été massacrés injustement comme des animaux.
En tant que militante des droits de l’homme et en tant que présidente d’AFMAF, je suis choquée par les divisions malsaines qui ne font que nuire à notre cause.
Le fait de commémorer nos morts ne sert à rien si chacun de nous se fige sur ses positions et je trouve notre attitude lamentable pour la défense des intérêts de notre communauté qui a tant souffert. Nous n’avons pas le droit de salir la mémoire de nos martyrs.
AFMAF a toujours voulu rester neutre mais si aujourd’hui nous nous retrouvons au milieu des querelles d’hommes que nous condamnons fermement.
Nous vous demandons, de grâce : « arrêtez ce spectacle honteux pour notre communauté et retrouvons nous autour d’une table et discutons car notre communauté a beaucoup souffert et continue à souffrir et à subir. »
Je vous remercie
Marième KANE Présidente AFMAF







Pour le bureau exécutif de l'ocvidhCheikh DIAGANASecrétaire général adjoint:
  http://www.ocvidh.org/article.php?sid=2766&thold=0

samedi 27 novembre 2010

Allocution du Président en exercice du Front pour la Lutte contre l’Esclavage, le Racisme et l’Exclusion en Mauritanie







Allocution du Président  en exercice du Front pour la Lutte contre l’Esclavage, le Racisme et l’Exclusion en Mauritanie : Biram Dah ABEID, Président de IRA-Mauritanie.
Chers compatriotes, militants et militantes, ayant-droit et enfants des victimes de la folie raciste sanguinaire, populations serviles victimes dans leurs esprits et leurs chairs de l’esclavagisme barbare multiséculaire, honorables assemblée de justes, peuple du FLERE ;
Cette date que nous commémorons, le 28  novembre, symbolise, premièrement, le complot ourdi par la France coloniale, avec et en faveur de l’élite féodale et sectaire d’un groupe minoritaire, au détriment des composantes majoritaires des habitants de ce pays. Depuis lors, les communautés noires  et Hratin ont vécu crescendo les violences, terreurs et exclusions liées au racisme domestique et d’Etat, à l’esclavage et aux discriminations qui en dérivent.
Cette date symbolise aussi notre impuissance, notre incapacité, notre résignation face à la folie raciste, inhumaine et meurtrière qui a poussée, au cours d’une certaine nuit du 27 au 28 novembre 1990, des hommes qui font partie de ceux qui nous gouvernent méprisamment de nos jours, de mettre à mort, dans les conditions les plus atroces, 28 pères, maris ou fils à nous, pour la seule faute qu’ils sont nés noirs et Haal Puulareen.
Chers concitoyens, seules, une mobilisation pour la cause des humbles, une endurance dans la lutte et la souscription à l’extrême sacrifice, pourront ramener l’Etat Mauritanien de sa dérive ethnique, vertigineuse et meurtrière, dans laquelle il s’enlise depuis 50 ans, à la position et au rôle qui lui sied, qui sont la protection par le droit, des droits individuels et collectifs des groupes et individus qui le composent.
Mauritaniennes et mauritaniens ici présents, je vous rappelle qu’en tant qu’humains et musulmans, nous avons un devoir vis-à-vis des morts, de nos morts, de ceux que nous avons tués, que nous avons laissé tuer, par bestialité, par lâcheté, par ignorance, par insouciance.
Le FLERE que je préside, vous convie, chers concitoyens, à l’épauler dans le combat pour refondre la Mauritanie sur des bases justes et égalitaires. C’est à travers vous que nous allons enclencher le siècle mauritanien des LUMIERES, c’est avec vous que nous allons déclencher le mouvement  mauritanien des DROITS CIVIQUES.
En tant que président de du FLERE et de IRA-Mauritanie, je prends un engagement devant cette honorable assemblée, devant Dieu et les hommes, que j’œuvrerai au péril de ma vie, pour que justice soit faite, dans le cas des suppliciés d’INAL, et dans les autres affaires ou cas de victimes, individuelles ou collectives, de racisme et d’esclavage, qui jalonnent notre histoire de puis ces cinquante années de racisme, d’esclavage et d’exclusion et d’IMPUNITE.
Nouakchott, le 27 novembre  2010

Missive à mon aîné le capitaine Breyka Ould M’bareck



 http://2.bp.blogspot.com/_utozC9YP0Ls/TBArpake60I/AAAAAAAAAAs/FYKcrOL2IGU/S220/PIC_0107.JPG
En ma qualité secrétaire général  de l’association des haratine de Mauritanie en Europe qui a pour but  l’éradication définitive de l’esclavage et du racisme  qui engloutit la majorité des communautés noires en particulier les haratine, je dois vous avouer  mon étonnement  pour ne pas dire ma cruelle déception.
Vous conviendrez en outre que les citoyens Mauritaniens sont aptes à faire preuve de discernement face à vos arguments publicitaires de l’arabité des haratine. Ces arguments ne sauraient être réduits à des stéréotypes qui renforcent les tendances à l’appauvrissement culturel de la Mauritanie.

Vous êtes d’accord avec moi  avec de ce que  la modernité n’est pas réductible à une seule et unique langue, et ne peut céder aux pressions du monolinguisme. La modernité de la mondialisation tient à l’espace qu’elle ouvre à la diversité  culturelle.

Vous   plébiscitez  votre soutien au général Ould Abdel sur le  seul critère qu’il est  militaire comme vous  et l’homme de la situation; par contre nous sommes au regret de vous annoncer, cet homme ne fait rien dans le sens de vos propos. A l’occasion du cinquantenaire de  l’indépendance  « plutôt la dépendance» de la Mauritanie, le général Ould Abdel  Aziz  anime en ce moment  des  séances d’inaugurations  de centaines  voir des milliers de projets sur l’ensemble du territoire national. Je  le dis et  répète  aucun projet n’est destiné à  sortir les haratine du joug de l’esclavage et du racisme  qu’ils sont victimes depuis des siècles.

Pourquoi  le général Aziz qui  dit haut et fort qu’il est le président des pauvres et opprimés par excellence  néglige-t-il les déshérités de la justice mon capitaine ? Nous  n’avons vue ni entendu  le général  Mohamed Ould Aziz aurait posé  pieds dans un Adwaba « nom des  villages haratine »  pour inaugurer  ne reste qu’une école, un dispensaire,  un centre d’accueil des esclaves en errance, une maternité où un simple projet de développement  etc….  Selon vous pourquoi ?  Vous dites les haratine sont  des arabes de bon gré, malgré mais l’arabité a –t- elle changée leur  situation désastreuse ?

La colonisation des occidentaux a été combattue par tous, hélas nous avons oublié celui des arabes qui est emballé sous la religion. C’est la raison qui me pousse  à émettre des réserves sur  l’idée, l’islam est  le ciment de l’unité du pays. L’unité s’acquière avec une justice équitable et impartiale. On explique la colonisation ainsi : « politique conséquence du processus d'occupation et d'exploitation d'un pays ». Je suis sûre  et certain que c’est le cas de la Mauritanie. Les arabes ont envahi le pays même si  cela date des sicles comme les  blancs Américains et les australiens ont fait en Amérique et en Australie. C’est exactement le même procédé, ils  se sont accaparés des richesses du pays, nous obligeant à être ce qu’ils veulent ; ils cherchent à effacer notre page dans l’histoire  du pays en nous reléguant à des simples immigrés venu d’Afrique noire

Les grands discours de lutte contre la pauvreté, de l’esclavage, de la gabegie  semblent être aux oubliettes. Nous avons vue un général  en précampagne électorale,  il est parti à la conquête des chefs de tribus  qui encadrent  les  haratine, qui sont ces grands électeurs maures blancs « maîtres d’esclaves électoraux ».

Mon capitaine à vous l’honneur de répondre.

Diko hanoune

mardi 23 novembre 2010

Forces de libération Africaines de Mauritanie(FLAM) Liberté- Égalité- Unité.

Forces de libération Africaines de Mauritanie(FLAM)
                                       Liberté- Égalité- Unité.
                                  DÉCLARATION DE PRESSE
Cinquantenaire de l'indépendance de la Mauritanie :  Notre vision des Choses.  Cinquante ans  d'oppression, de répression et de régression                                                   
 
Le cinquantenaire des Etats Africains rime généralement avec régression, répression, et renvoie à une Afrique marginalisée, qui ploie sous le poids de la dette, écrasée par des rapports marchands impitoyables, inégaux et iniques; une Afrique appauvrie, meurtrie et exsangue par cinquante années de régimes despotiques, aux peuples déçus, pessimistes, en désillusion totale vis-à-vis de leurs gouvernants.
Si ces indépendances africaines ont procuré la satisfaction d'avoir délivré les peuples d'Afrique de l'insupportable sentiment de l'aliénation politique, il reste que ces mêmes peuples, en général, les ont ressenties comme une traversée du désert; ils les ont vécues comme un calvaire  à  cause de  la "mal- gouvernance'', qui se décline en corruption des moeurs , pillage des ressources, répression et oppression,  ethnicisme et népotisme, pauvreté et famine, arbitraires et abus  des dictatures, surtout militaires .
Tableau sombre qui amena ce vieux maure de l'Est de la Mauritanie à demander un jour : à quand donc la fin de l'indépendance? même constat amère qui faisait dire à  Ahmadou Kourouma , à travers son personnage de roman, «  comme une nuée de sauterelles les indépendances sont tombées sur l'Afrique » !
La Mauritanie, le miroir brisé
La Mauritanie, ce morceau hybride de  l'Afrique, n'échappe pas à cette  sombre caractérisation. Loin s'en faut ! en effet  la Mauritanie constitue un des cas achevés des  ratés des indépendances africaines que décrivait, si bien  Ibrahima  Ly : « Nous avons déjà eu ce qu'on appelle "indépendance'', quelle tristesse ! Nous avions ensemble tué la bête immonde . Quelques- uns ont traîné le cadavre dans un fourré, et avec sa dépouille se sont confectionné des masques. Ils nous font maintenant terriblement peur ».
Par la faute de nos dirigeants politiques nationaux, nous mauritaniens sommes aujourd'hui ce que nous sommes, c'est- à-dire au bas du classement des pays, à l'échelle du globe.
Génèse : Maitre Moctar ould Daddah artisan du Système
 
Le Président Moctar ould Daddah( paix à son âme ), par ces choix subjectifs, partisans, hypothéqua la marche de notre pays vers le progrès, l'entraînant dès le départ dans des dérives politiques et nationalistes qui continuent encore aujourd'hui de compromettre et son unité et son développement.
Daddah  s'attaqua dès les premières années de son règne à l'institution parlementaire, pour en modifier le pouvoir. Afin de concentrer plus de pouvoirs entre ses mains, il supprimera le régime parlementaire hérité de la France, pour instaurer un régime présidentiel, taillé sur mesure, s'octroyant ainsi un pouvoir autocratique, fort. Le parlement fut donc dépossédé de son pouvoir, inféodé et vidé de sa substance, pour répondre à ses désirs et à son plan  .
 
Il faut rappeler, qu'avant de s'attaquer au parlement le marabout avait, au préalable, pris la précaution  de faire, doucement , supprimer le multipartisme en germe, en amadouant les partis politiques mauritaniens naissants, en les embrigadant. A la place il  instaura, à la hussarde, le monopartisme, muselant ainsi  les voix discordantes;  il ira jusqu'à créer une confusion des pouvoirs en instituant la primauté du parti sur l'Etat, pour mieux asseoir son pouvoir autocratique, et exécuter  son agenda secret visant  la réorientation des équilibres politiques et culturels internes .
Le Parti unique à pensée unique était né, qui  allait compromettre, pour une longue période de temps , la trajectoire démocratique dans laquelle notre pays s'était engagé, au sortir de la colonisation.
En éliminant subtilement ces partis politiques naissants, il éliminait du même coup le cadre naturel du débat et des projets contradictoires, essence même de la démocratie  qui reposait sur les differences et la confrontation d'idées. Notre démocratie balbutiante fut assassiné et enterrée au nom du  parti unique, qui ne réussit, hélas, ni  à forger notre unité nationale qu'il était censé viser, ni à nous guérir du mal tribal contre lequel il fut institué .
Ould Daddah dévia non seulement cette trajectoire vers la démocratie, mais compromit également  le progrès du pays, en s'adossant sur les forces  rétrogrades et conservatrices, poussant les éléments les plus progressistes de son régime vers la démission ou le reniement .
Après avoir réussi à éliminer les formations  politiques existantes et inféodé le parlement, il  entama l'exécution de son plan secret : rétablir l'équilibre politique entre arabo-berbères et négro-africains, alors favorable aux négro -africains. Ould Daddah  était obnubilé, obsédé par cette situation héritée de la colonisation , qu'il jugeait impérieuse de corriger au plus vite ; seulement  au lieu de se limiter à redresser le déséquilibre - chose légitime et juste en soi - il versa  dans l'excès inverse, en éliminant  progressivement mais systématiquement, les négro africains des instances décisionnelles et de nombreux secteurs de  la vie publique.
C'est donc en toute connaissance de cause que Ould Daddah commença à  mettre  en place, lentement mais obstinément, les bases de son projet  hégémonique d'une « Mauritanie arabe », surtout arabe. La  loi  non écrite, arbitraire, du quart étant déjà  appliquée pour les compositions de gouvernements, il s'attaqua alors  à la  réforme de secteurs clefs, indispensables pour mener à bien son dessein : l'Armée, l'Ecole, l'Economie, trois  verroux essentiels dont il fallait s'assurer, indispensables, pour qui voulait maîtriser l'Etat .
Pour un contrôle futur de l'Armée (encore sous le commandement du commandant Diallo issu de l'Armée coloniale française), Ould  Daddah  s'employa  à mettre en place  un premier noyau du  corps  de commandement futur de notre Armée « nationale » en gestation, par la reconversion de  certains  enseignants: Mbareck ould Bouna Moctar  et Ould Saleck  (arabo-berbères  naturellement) sont choisis , et constitueront à l'issue d'une formation sommaire à l'étranger, les premiers officiers de l´Etat major naissant; (Il faut rappeler que les candidatures d'instituteurs négro-africains furent, pour la circonstance, systématiquement éliminées).
- L'Ecole sera la seconde étape du marabout. Il engage, préssé, les réformes éducatives, essentiellement centrées sur le renforcement progressif de la langue arabe à l'école; langue qui sera instrumentalisée à loisir pour les besoins de la cause,  afin d'accélerer le processus de liquidation des uns, et hâter  la  promotion sociale des autres. Cela se traduira par un recrutement de maîtres coraniques, essentiellement arabo-berbères, sans qualification, une croissance exponentielle d'écoles en zone arabo-berbère, sans rapport aucun avec la densité de population habituellemt  requise.
Dans le Sud, à l'opposé, on assistera  à une sorte de  frein à  l'expansion scolaire, où villages et adwabas( campements haratines) ploient sous le poids démographique, et malgré des demandes insistantes des populations; il ne fallait surtout pas ! car ce serait gêner gravement la politique de "rattrapage scolaire'' entreprise, à  pas de course, par Moctar.
L'arabisation à outrance, sans les conditions minimales requises, sans contenu et sans préparation? peu importait, pourvu qu'elle permît la liquidation des uns et la promotion sociale rapide des autres !
- Secteur de l'Economie , pour boucler la boucle, Ould Daddah  mettra  très vite en place son 1er noyau de cadres économiques et financiers, chargé de veiller au grain; ça sera, comme par hasard, Ahmed Ould Daddah, Ismael Ould Amar, (tous Arabo-berbères, une fois de plus !). Ce socle constitué, il initia alors sa "politique financière'' qui  permit, là aussi, à la composante arabo-berbère d'asseoir son hégémonie; Pour ce faire il créa alors l'ouguiya,- plus adapté au projet que le Franc CFA sous l'oeil vigilant de la  métropole -, et fit venir à flot les fonds arabes; deux sources où les arabo-berbères puiseront  sans compter ! Deux actes qui  permettront «l' accumulation primitive (décisive) du capital » par un bon nombre d'entre eux; en effet, ceux -ci  bénéficieront de prêts à volonté et sans restriction, interdits aux autres ( Négro-africains et Haratins). La gestion laxiste de ce secteur ouvrira la voie aux détournements massifs des deniers publics et de ces fonds arabes, dans l'impunité totale, par  une classe de prédateurs économiques, devant un pouvoir  préoccupé par la promotion d'une bourgeoisie tribalo-raciale.
Voilà qui explique peut être pourquoi Oud Daddah ne combattit jamais sérieusememt la corruption et l'enrichissement illicite. Voilà qui aussi expliquait peut-être ce paradoxe chez l'homme : honnête et très intégre sur le plan de gestion des déniers publics, il laissa faire presque librement les prédateurs, sans jamais sérieusement les inquiéter. Cette déplorable habitude qui constitue un des handicaps majeurs de notre développement  a pris racine hélas, et devient chaque jour, plus difficile à extirper .
Les secteurs de l'Armée, de l'Education et de l'Economie maîtrisés, Daddah se tourna vers l'extérieur .
Il s'employa, ici, à masquer ses intentions et son projet par un écran de fumée auprès de ses pairs  africains qu'il mystifia à fond, en se faisant passer pour un tiers-mondiste sincère, avec un slogan, encore plus trompeur, à la bouche : « une  Mauritanie trait d'union » entre le monde arabe et africain, dont il fera toujours fi !
Les éléments  du plan se mettaient doucement en place, enserrant petit à petit les négro-africains, resserrant de plus en plus l'étau autour d'eux. Le plan  appliqué, méthodiquement, reproduira, à peu près à l'identique, les effets et les objectifs souterrains de l'idéologie Afrikaaner, ainsi définis : "annihiler la force numérique et la force de travail que représentent  les Noirs pour les transformer en instruments, sans qu'aucune possibilité ne leur soit laissée de renverser cette situation".
Voilà l´homme au sombre héritage que l'on s'apprêtait à sacrer en ce 50ème anniversaire de  notre indépendance !
Bilan :  Un pays divisé , un peuple appauvri , assoiffé de justice .
 
 De par sa vision ethniciste et de par sa gestion partisanne, Ould Daddah nous léguait un pays en proie à des crises inter-ethniques cycliques récurrentes, dangereuses pour la paix et la stabilitité de la Mauritanie, qu'il ne chercha, du reste,  jamais à sérieusement résoudre -et pour cause !-, repoussant leur solution toujours au lendemain. Tout comme il ne voulut jamais s'attaquer au fléau, terrible, qu'est l'esclavage, qu'il dira comprendre,  au lieu de l'abolir. Il laissa, consciemment, ce phénomène odieux qui défiait  pourtant notre humanisme se perpétuer .
 
La création d'une nation mauritanienne égalitaire, juste et démocratique, toutes races et ethnies confondues, ne fut ni le souci, ni le projet de Moctar Ould Daddah. S'il  nourrissait cet idéal c'était pour la nation arabo-berbère, exclusivement; « père de la nation » il l'était, assurément, pour la nation arabo-berbère !
Si nous sommes aujourd'hui un peuple divisé, appauvri, sans repères, une nation en gestation compromise, c'est bien, en grande partie, à cause de Ould Daddah.
Il ouvrit le chemin des dérives, de la politique de l'inégalité, du laxisme, de la complaisance, et les militaires s'y engouffrèrent, à coeur joie; militaires du genre Ould Taya, ( S. Doe, Y.Jammeh, L. Konté) et combien d'autres, tristes symboles et prototypes mêmes des ratés de ces indépendances africaines que Ibrahima Ly, toujours lui, caricaturait à peine ainsi : « hier ceux qui s'emparaient du pouvoir avaient une certaine instruction, aujourd'hui ils lisent en titubant sur certaines syllabes». 
Le projet d'une Mauritanie arabe, initié et nourri par Moctar, sera poursuivi et consolidé par les régimes militaires dictatoriaux qui lui succédèrent; quelque fois dans le sang, avec la cohorte des spoliations et expropriations foncières de négro-africains et de haratines, les déportations de populations, la radiation de milliers de fonctionnaires noirs pour faire place nette aux arabo-berbères dans la fonction publique, les exécutions extra -judiciaires de milliers de civils et militaires négro africains, l'épuration ethnique, en un mot, le génocide; Si tous les régimes dictatoriaux militaires qui succédèrent à Ould Daddah ont poursuivi avec conviction et determination son  projet d'une Mauritanie arabe, c'est sans conteste Maouiya Ould Sid' Ahmed Taya  qui l'a surtout consolidé, en l'élevant sur le terreau  des horreurs. . .
Enfin, la radicalisation de l'arabisation à l'école au sein de l'administration et de la justice dans la négation ou le mépris total  de l'identité des autres. Une Ecole divisée, à genoux, dans l'impasse totale, avec son corollaire: les échecs massifs  des écoliers négro-africains, et des générations d'enfants sacrifiés à vie, toutes ethnies confondues.  
Ould Taya  accentua donc gravement la division léguée par Daddah .
Des politiques à caractère chauvin et raciste sont renforcées, politiques à deux poids deux mesures qui font qu'ici, on assiste à la multiplication d'écoles, à croissance exponentielle sans critères objectifs réels, la démultiplication de centres administratifs ( arrondissements, préfectures) ; et là, bizarrement on notera la stagnation de l'expansion scolaire, la multiplication de postes frontières harcelants, de postes de contrôle routier intempestifs, de postes de police, hier, inconnus des villages de la vallée du fleuve. Pour les uns une identité culturelle reconnue et assumée par l'Etat, pour les autres la négation même de leur culture. Ici, une sureprésentation arbitraire au parlement, et là une sous-représentation de populatons qu'aucun poids démographique ne justifie.                                                                               
Dans cette vallée du fleuve les populations vivent des vexations quotidiennes, les déportations, les viols, des contrôles intempestifs excessifs, un rançonnage aux frontières devenu routinier, des expropriations foncières arbitraires, sans fin. Il se développe dans cette vallée du fleuve, sourdement  et de plus en plus, ce sentiment d'assiégés permanents; les nouveaux arrivants et ces préfets, gouverneurs et chefs d'arrondissement, tous arabo-berbères, connaissant si peu le milieu,  ne cherchant souvent même pas à  s'y intégrer,- "migrants''se comportant généralement comme en territoire conquis-, exacerbent hélas ce sentiment de ras le bol !  
Un moment de répit dans tout de même cette vallée du fleuve meurtrie et quelque espoir, de courte durée, ressentie chez les négro-africains, sous le Président Sidi Ould Cheikh Abdallahi qui, non seulement amorça la réconciliation  nationale, mais en même temps tenta, avec courage et sans tricher, de renouer avec le fil, rompu, de la trajectoire démocratique. Seulement l'homme de foi, sincère, mais si peu habitué aux méandres de  nos moeurs politiques  atypiques, avait mal mesuré les enjeux en cause et les résistances de tous ordres ; d'où l'intrusion, pour la seconde fois, des militaires, au travers d'un  putsch auquel, hélas, des forces politiques se disant attachées  au  jeu démocratique comme seul cadre d'expression et d'accés au pouvoir, donnèrent du mou! 
Le résultat de toutes ces politiques nocives est que nous vivons aujourd'hui côte à côte en nous tournant le dos, dans la suspicion du voisin ! 
Le pays physique lui-même est resté presque à l'état dans lequel l'avait laissé le colon: aucune infrastructure notable, pas de réseau routier, ni de parc automobile, pas d'aeronefs, pas d'industrie, pas de plan général d'urbanisation, pas d'eau courante, rien ! Le peu qui avait été bâti par le colon est dans un état piteux, sans entretien ! Bref un pays aux immenses ressources qui se meurt de faim !
La vallée du fleuve et sa population ont été  les plus affectées par ces tristes politiques. Ce cinquantenaire ce sont 50 ans d'oppression et de régression des populations de  la vallée du fleuve, transformée en vallée des larmes!
Etat actuel de lieux ...ère Azizienne : Qu'est ce qui a changé? 
 
On ne peut  ne pas remarquer ces tentatives de lutte contre « la gabégie »  à l'actif du régime;  même si celle-ci se menait sans trop tricher, un peu sélectivement, sans toute la fermeté requise, elle a au moins  le mérite de limiter le taux des prédateurs, et gêner, quelque peu, les vols à ciel ouvert. Tout comme on ne pouvait ne pas accueillir favorablement ces tentatives nouvelles, que sont ce nivellement amorcé dans le traitement des disparités des capitales régionales, et cette lutte contre le terrorisme enfin, qui doit être implacable et sans concession, face à ces fanatiques soldats adeptes de l'obscurantisme, si peu soucieux de la vie et des droits ; 
Seulement l'égalité ne se réduit  pas à la lutte contre la gabégie ou contre le terrorisme. C'est beaucoup  plus que ça !
Aziz hésite encore à aborder les questions essentielles qui minaient toujours l'unité nationale. Le régime observait un profil bas sur la question du passif humanitaire, et réchignait à prendre en charge cette question endémique et lancinante de l'esclavage. Il ne se passe pas de semaine sans que l'IRA ou  SOS-ESCLAVES ne révèlent des cas avérés d'esclavage, plus pathétiques les uns que les autres, mais  qui restaient toujours impunis. 
 Le gouvernement  reculait, visiblement, sur le dossier des réfugiés, réticent à leur rendre leurs terres, s'essayant à  la politique du fait accompli, dangereuse et sans issue, qui suscitait  rancoeurs et frustrations durables .
Le rapatriement s'était arrêté côté Sénégalais, que l'on  reprend de mauvais gré, en rognant sur le chiffre d'inscrits : sur près de 5000 cas de réfugiés inscrits qui attendent encore, il semble que  le régime se serait  maintenant  rétracté, et ne souhaite plus en accueillir qu'une partie infime ! il va jusqu'à nier l'existence des réfugiés du Mali ! Ce régime était entrain de revenir sur les engagements officiels et publics de l'Etat mauritanien, et tentait, en réalité, de remettre en cause le droit fondamental du retour !
Voilà que l'on multipliait des points de passage sur le fleuve, compliquant encore davantage le quotidien des populations déjà intenable, comme si « la menace venait (encore) du Sud » !
La timide tentative d'équilibre ethnique au sein du gouvernement à ses premières heures a vite pris fin; on a  limogé, rapido-presto, ces ministres qui avaient à coeur leur job, et voulaient rompre avec l'anarchie et le laxisme ambiants. Celle de la fonction publique aurait été jugée d'en faire un peu  trop, d'avoir cherché à traiter, avec trop de zèle, ce dossier,''encombrant'', de « ses parents  fonctionnaires» arbitrairement radiés, dossier qui depuis est sous le coude. Celui des Finances s'est vu préférer un homme qui avait comme top priorité « la version en  caractères arabes » des bulletins de salaire !
En réalité le Président Aziz se refusait  à operer cette rupture, indispensable, d'avec les hommes et ces  pratiques nocives, symboles du triste passé. Voilà pourquoi, le Système, pour l'essentiel, demeurait encore en place.
Voilà qui justifie la poursuite, à la même cadence, de ces nominations à caractère ethniciste. Toujours les mêmes qui sont sélectionnés, promus.Toujours les mêmes quotas, la même portion congrue dans les médias d'Etat, et que l'on se proposait de reconduire, jusque après la libéralisation de l'audio-visuel !
Une "double nationalité'' tape-l'oeil qui s'averera être un mirage pour beaucoup, au vu des conditions absurdes dressées pour y accéder. Un parti qui grossit, dangereusement, avec tant de satellites autour, qu'il glissait doucement vers le parti-Etat, vers le  parti  unique à la pensée unique- source de nos malheurs-, et menaçait de porter préjudice au pluralisme  véritable .
Le Système demeurait encore vivant, ténace ...sous l'ère Azizienne !
Puisque le Président dit contrôler tout, c'est donc qu'il bloquait  tout !
 
Quelle voie, quelles  solutions pour  la Question de la cohabitation    
 
Il nous est encore possible de créer cette nation unie, égalitaire et démocratique, à condition qu'il existe une volonté politique réelle; à condition de prendre à bras le corps cette question lancinante de la cohabitation et de l'esclavage, toujours escamotée, objet de fuite en avant permanente; à condition, enfin, d'en déterminer les bases justes.
Ces bases devront reposer sur les axes clairement définis, ci-après :
 
-  Un équilibre dans la gestion du pouvoir , entre toutes les composantes nationales. 
 
-     - Une réforme politique et constitutionnelle, qui consacrent les libertés démocratiques, reconnues et protégées, introduit  des amendements constitutionnelles spéciaux portant sur l'Identité de la Mauritanie, l'égalité  des communautés, des langues et des cultures nationales, la fin de l'esclavage, la création d'un observatoire national des libertés et de la cohabitation.
-    - Une réforme de l'Education, fondant  une Ecole  moins élitiste, ouverte sur le monde moderne et respectueuse de nos identités multiples.
- U- Une réforme de l'Armée, pour en faire  une armée républicaine et de développement, ouverte équitablement à toutes les composantes nationales.
-     - Une réforme de l'Administration et de la justice, basée sur l'autonomie régionale, un  redécoupage territorial qui tienne compte des aires culturelles et historiques,  une justice modernisée enfin.
-     - Une réforme agraire - dont la vallée serait certainement le pivot - fondée sur le droit de propriété reconnu et réaffirmé, reposant sur une politique d'investissement agricole qui respecte ce droit de propriété, associe les populations concernées, respecte les espaces vitaux des villages, ouvre des couloirs de parcours pour le bétail, préserve les droits séculiers des pêcheurs sur le fleuve, détermine les zones d'investissement dans la vallée, que sont le Waalo, le moyen Jeeri et le haut Jeeri à affecter, respectivement, aux autochtones locaux, aux hommes d'affaires nationaux et régionaux, au grand capital international .
Ce  Ces réformes devront être précédées, pour mieux accrocher, par des mesures immédiates d'apaisement social de la part du Gouvernement qui se traduiront ainsi : 
 - Un réglement correcte du dossier des réfugiés qui passe par la restitution des terres de culture et des villages aux uns, et l' indemnisation  pour les autres.
- Une volonté politique affirmée de mettre fin à l'esclavage, ( par l'annonce de mesures préventives immédiates ).
- Un réglement immédiat du passif humanitaire, qu'on ne pouvait solder par de l'argent, dont la  solution  passait  par la création d'une Commission Vérité- réconciliation, guidée par cette tryptique : « Equilibre à trouver entre le refus de l'impunité, les exigences de vérité et des réparations, et la nécessité du pardon ».
 Il n'y a pas de paix  sans réconciliation , et il n'y a pas de réconciliation sans Justice .
 
Tout comme il n'y a pas de concorde  là où il n'y a pas d'égalité. Et puisque cette égalité n'a pu émerger après 50 ans, à travers le cadre de "l'Etat unitaire centralisé'' dans sa forme actuelle, la raison commande de rechercher d'autres voies, telle, entre autres, l'Autonomie. L'autonomie  nous parait la solution la mieux appropriée, dans notre cas d'espèce, pour constituer un mode d'organisation entre des groupes humains aux habitudes mentales, langues et tradition différentes, visant à diluer le pouvoir et le répartissant entre ces groupes, de manière à permettre à chacune de nos communautés de promouvoir elle- même son  propre développement, dans l'unité préservée du pays; historiquement et politiquement cette option se justifie amplement.
 Les FLAM appellent :
- Les réfugiés à rester mobilisés, à ne pas céder, à résister à la spoliation de leurs terres de culture; à ceux qui demeuraient encore à l'extérieur des frontières elles leur demandaient  de continuer à se battre, chaque jour davantage, pour leur droit légitime au retour.
- Elles appellent la jeunesse négro-africaine à cesser de courber l'échine, cesser de gémir et de supplier, et  à compter d'abord sur ses propres forces. 
- Aux Haratines, de refuser d'être les victimes consentantes de leur propre esclavage.
- Et  à  toutes les victimes du Système de  prendre conscience « que la lutte en ordre dispersé n'a pas d'autre issue que la défaite pour tous ».
- Aux forces démocratiques et progressistes, aux compatriotes arabes et berbères honnêtes et Justes, soucieux de notre devenir en commun, de prendre leur responsabilité face au racisme d'Etat, à l´esclavage et à la pauvreté grandissante. 
- Enfin au Président de la République, ce poème de Maouloud  Mammeri, en guise d'appel :
          «  Quand trop de sécheresse brûle les coeurs
              Quand la faim tord trop d'entrailles
              Quand on rentre trop de larmes
              Quand on baillonne trop de rêves ,
                                  C'est comme
              Quand on ajoute bois sur bois sur le bûcher
              à la fin il suffit du bout de bois
              d'un esclave pour former 
              dans le ciel de Dieu
              et dans le coeur des hommes
              le plus énorme incendie».
Nous devons  nous persuader - c'est vital pour nous et pour ce pays - que la voie choisie jusqu'ici était dangereuse et sans issue! « Une nation ne pouvait vivre  moitié libre  moitié esclave»; elle  ne pouvait non plus se construire avec des citoyens à-démi  et des citoyens à part entière.
 Il est possible de faire de ce pays un foyer régional des plus attractifs, un havre de paix et de prosperité si nous nous ressaisissons 
Il nous faut nous ressaisir, il est encore temps !
La lutte continue!
Stockholm le 23 novembre 2010.
Le département de la Communication des Forces de libération africaines de Mauritanie