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samedi 27 août 2016

GABON : LES RACINES…LE CŒUR…ET "LES FLEURS DU MAL"…



               En son temps, alors que les rues de Libreville étaient en proie à une effervescence à nulle autre pareille, et que les leaders des partis d’opposition, au premier rang desquels le Père spiritain MBA ABESSOLE du « MORENA », devenu « Parti des bûcherons », tenaient haut le Pavé, au Journaliste français qui faisait observer au Président EL HADJ OMAR BONGO ONDIMBA, candidat à l’élection présidentielle de décembre 1993, que « le pouvoir était dans la rue, le peuple gabonais ayant pris fait et cause pour « le Curé » ainsi que le désignait en privé OMAR BONGO, le successeur de Léon M’BA aurait eu pour réponse : « Ecoutez, Monsieur, il ne s’agit que de rumeurs et à ce que je sache, il n’existe pas encore au Gabon, un Ministère de la rumeur… ».

               Pour anecdotique qu’elle puisse paraître, la réponse du Président sortant, candidat à sa propre succession à la première élection libre organisée au Gabon, est lourde de signification en ce qu’elle traduit «un invariant anthropologique » des us, coutumes et mœurs des populations gabonaises : la croyance en la rumeur.

               Dans un contexte marqué par l’unipolarisation du monde, émanation du néo-libéralisme américain ayant provoqué « le démantèlement du Bloc de l’Est », « la Perestroïka » en ex U.R.S.S., la chute du mur de Berlin qui a préfiguré puis conduit à la Réunification des deux Allemagnes, la France sous François Mitterrand, se devait d’arrimer les mécanismes de sa politique et de sa coopération à « la nouvelle configuration géopolitique mondiale » en envoyant un signal fort à ses anciennes colonies d’Afrique. « Le discours de la Baule », inscrit dans la veine de « la littérature idéologique libérale », enjoignait aux pays africains francophones « l’instauration du multipartisme » en lieu et place « des partis uniques » frappés subitement d’obsolescence, prescrivait aux Chefs d’Etat d’Afrique Francophone, l’urgence de se conformer à la transparence du jeu démocratique et au respect scrupuleux du verdict des urnes ; conditionnait l’aide au développement à l’exercice des libertés ; mesurait la crédibilité des Etats et de leur Chef, à l’aune de « la pratique démocratique ».

               Le discours idéologique néolibéral américain, admettait-il dorénavant la vulgate latine : « vox populi, vox dei » hypocritement remise au « goût du jour » ?

               Les slogans « carton rouge aux partisans du parti unique ! » ; « à bas la dictature !» ; « la souffrance est arrivée à son terme !» ; « pouvoir au peuple ! », repris en écho par la quasi-totalité des populations battant dans les années 90 le pavé des rues africaines, témoignent à suffisance tant dans l’inconscient collectif que la conscience des peuples, le besoin de l’expression des libertés individuelles et de rassemblement.

               Ceux-là mêmes qui, dans un élan brusque, dissimulaient mal les intérêts de « la nouvelle gouvernance mondiale », prônant « la libéralisation politique » et dans le même temps « le libéralisme économique », avaient-ils pris la résolution de « décloisonner le jeu politique en Afrique », plus de cent ans après l’instauration de « l’ordre westphalien » ayant favorisé, sous Bismark, en 1885 « la balkanisation de l’Afrique » ?

               Des impérialismes européens encouragés et suscités en Afrique par « une gouvernementalité politique par la guerre » avec leurs conquêtes de « l’espace vital », au « discours de la Baule », près de trente ans après les indépendances africaines acquises pour certaines, de haute lutte, au prix du sang des martyrs et des massacres à grande échelle des patriotes, d’autres octroyées aux anciennes colonies en leur infligeant une élite destinée à perpétrer la main-mise de l’occident impérialiste sur « les rentes de la colonisation » ; y avait-il eu entre 1885 et 1990, une ligne de rupture abyssale ? Soucieux de la préservation des intérêts de « l’ordre colonial », longtemps assimilé à « la paix armée au sein des anciennes colonies », les impérialistes avaient-ils, dans un sursaut de conscience, entrepris de remettre en cause « la légitimité » de l’élite politique qu’ils avaient imposée à « la tête des Etats » ?

               Yambo Ouologuem, l’auteur de Devoir de violence désignait par les néologismes « négrophilie philistine », l’engeance au pouvoir ou à la tête des Etats, au lendemain des indépendances africaines. Aimé Césaire, chantre de « la négritude combattante », stigmatisait dans son recueil de poèmes, Cahier d’un Retour au Pays Natal : «les nègres blanchis », ayant en commun d’être coupés de leurs racines, « acculturés », « assimilés », « renégats fascinés par les mirages miroités par l’occident » et devenus « bourreaux » de leur peuple « croupissant dans la misère » et « clopinant de petitesses en petitesses ».

Ces auteurs de la littérature noire francophone diagnostiquaient « les racines du mal » au sein des anciennes colonies françaises d’Afrique et d’Outre-Mer, lesquelles, au fil du temps ont  certes connu des fortunes diverses d’un pays à l’autre, mais assurément un destin similaire.

1°- DES RACINES DU MAL GABONAIS…

               Nommé Ambassadeur de France à Libreville, pour rétablir l’ordre public menacé, Maurice Delauney, ancien administrateur de la France d’Outre-mer dont la « triste réputation » est associée à la répression sanglante des foyers d’insurrection et « maquis » nationalistes de l’Ouest (Mifi – Haut Nkam), du Centre (Nyong et Kellé) et du Littoral (Sanaga Maritime) au Cameroun, est installé au Gabon revêtu d’une toute puissance digne d’un gouverneur des colonies. Jacques Focart, Secrétaire Général aux Affaires Africaines et Malgaches  d’alors, dispose dans les années soixante d’une marge de manœuvre telle que ses fonctions, s’apparentent à un redoutable Ministère des Colonies Françaises d’Afrique. Ce d’autant mieux qu’il n’a, à l’époque, aucun compte à rendre au « Quai d’Orsay ».

Le coup d’état militaire du 18 février 1964 qui avait destitué Léon M’BA, premier Président de la République du Gabon et un moment installé Jean-Hilaire Aubame au pouvoir est naturellement mal vécu par le Général de Gaulle, Jacques Foccart, ainsi que Pierre Guillaumat, Patron du groupe ELF. « L’Emirat pétrolier et orifère » de la France en « Afrique Equatoriale » ne pouvait longtemps  être en proie aux soubresauts et désordres permanents de la déstabilisation. C’est donc sans concession que, sur instruction du Général de Gaulle, l’armée française chasse les putschistes, rétablit le Président Léon M’BA à la Présidence après qu’il a été libéré de prison en même temps que son Directeur Adjoint de Cabinet, Albert Bernard Bongo.

               L’évocation de cet épisode de la vie politique du Gabon est une réminiscence utile à la compréhension des « racines du mal gabonais ».

               Historiquement, le Gabon souffre de la convoitise par l’Occident, la France en l’occurrence, des richesses de son sol et de son sous-sol. Très tôt, la manne pétrolière, l’exploitation des essences forestières, les gisements orifères importants ont suscité plus que l’intérêt de la France, la nécessité pour l’ancienne métropole d’en faire « une chasse-gardée ».

Qui, mieux qu’un ancien collaborateur africain de la France d’Outre-mer, pouvait assurer à la France la préservation et la pérennisation « du pillage des richesses du Gabon », au détriment de son développement et du bien-être de ses populations ?

Albert Bernard Bongo, devenu depuis son islamisation dans le courant des années 90, El Hadj Omar BONGO, était dès 1950, agent du Service de Documentation Extérieure et de Contre Espionnage (SDCE) de la France d’Outre-Mer, Directeur Adjoint de Cabinet du premier Président de la République du Gabon, il est de 1964 à 1967, « une pièce maîtresse » du « système Foccart » dont la notoriété a fait dire du Gabon qu’il était une manière de « Foccart Land ».

               Il va sans dire qu’à la mort de Léon M’BA en décembre 1967, c’est sans obstacles majeurs et sans heurts que Bongo accède à la Présidence de la République du Gabon, cumulant les fonctions de Chef du Gouvernement et de Secrétaire Général du Parti Démocratique Gabonais (PDG), parti unique. Tributaire d’un « système » l’ayant porté à la magistrature suprême grâce notamment à une révision constitutionnelle, savamment taillée à la mesure des pouvoirs conséquents conférés au Jeune Président qui n’a alors que trente-deux (32) ans, Albert Bernard Bongo est très vite confronté à « un dilemme ». Les termes du dilemme se résument au choix que le jeune Président doit opérer, entre d’une part,  la nécessité de faire allégeance à la France qui vient de lui « mettre les pieds à l’étrier » et de l’autre, la précaution de conserver des relations de « neutralité bienveillante » avec le grand et puissant voisin Nigérian.

               L’Est du Nigéria est  en effet confronté à une sédition soutenue par l’Espagne de Franco et le Portugal de Salazar. Fort de l’appui clandestin de ces pays occidentaux, le Lieutenant-Colonel OJUKU a cru devoir proclamer le 30 mai 1967, l’indépendance du Biafra, nouvel Etat dont ENUGU serait la capitale.

               A peine installé à la Présidence de la République du Gabon, Albert Bernard Bongo subit d’énormes pressions de ses mécènes français : Foccart-Delauney, afin que le Gabon serve de « base arrière »  au soutien de la France à la « lutte armée » livrée au Nigéria Oriental par le Lieutenant-Colonel OJUKU.

De fait, la France est très sourcilleuse et extrêmement méfiante de la menace que représente le Nigéria pour l’équilibre de « ses protégés » Ouest-africains, au premier rang desquels la Côte d’Ivoire d’Houphouët Boigny. Le Président camerounais, Ahmadou Ahidjo approché, a pris le soin de donner « une fin de non recevoir »  à la France, objectant les accords de non-ingérence du Cameroun, tout comme il a précautionneusement « fermé les frontières » avec son très proche voisin. Houphouët Boigny dont l’immixtion est encouragée par la France s’inquiète de la prudence et de l’indécision d’Albert Bernard Bongo, lesquelles, si elles venaient à perdurer, l’esseuleraient et l’exposeraient aux représailles du « mastodonte » Nigérian.

               Le Président ivoirien avait longtemps fait le siège de Bongo pour le convaincre de s’engager à son tour en faveur du Biafra. Il est réellement soulagé, lorsqu’il reçoit, de ses émissaires français, le 08 Mai 1968, la nouvelle de la reconnaissance par le Gabon du Biafra.

               Le Général de Gaulle aurait le même jour exprimé sa satisfaction en ces termes : « C’est très bien ! Bongo est un type courageux qui fait ce qu’il dit, ce qui est assez rare ».
La suite des évènements prouvera que Bongo n’avait pas le choix ou à tout le « moins n’avait pas choisi de choisir », réduit qu’il était à ses derniers retranchements.

               On s’en aperçoit, la genèse du séjour le plus long à la Présidence de celui qui deviendra « l’incarnation la plus accomplie » de la françafrique ne fut pas de tout repos. Bien au contraire, elle inaugurait un cycle de manipulations politico-politiciennes au cours duquel la « vassalité » se le disputait avec « la royauté », la richesse du pays jurait avec le difficile décollage économique et le faible indice du développement humain ; les destins individuels des politiques et rentiers des grandes entreprises comme des sociétés d’Etat prenaient, du fait de l’enrichissement fulgurant et de l’impunité, l’ascendant sur le bien-être  des populations.

               Un autre évènement des premières années Bongo, d’abord passé inaperçu, puis révélé au grand jour fut, « la médiatisation d’enfants biafrais malnutris, affamés ou à l’article de la mort », laquelle était destinée à dédouaner la France, auprès de l’opinion publique française et internationale, de son active participation à « la guerre du Biafra ».

Albert Bernard Bongo qui continuait de redouter les représailles du Nigéria, dans une bravade dont il sera coutumier au fil des ans, au point d’en acquérir la dextérité, s’engouffra dans le concept de « génocide » propagé dès décembre 1968 par Paddy Davies, responsable biafrais de la propagande et, surmédialisé par la France, pour déclarer en Janvier 1970, après la défection d’OJUKU et son exil à Yamoussokro : « ( …) le Gabon a une seule arme sur son territoire : ce sont les petits Biafrais qui sont chez nous. Ils savent qu’ils sont Biafrais. Tôt ou tard ils le sauront (…) et je dis que la seule arme que le Gabon a contre le Nigéria, ce sont ces petits enfants, parce que l’histoire leur apprendra qu’ils sont Ibos et qu’ils ont été massacrés, exterminés et, quel que soit le temps, nous reviendrons sur ce problème ».

               Ces propos du Président Gabonais, datés de sa troisième année à la tête du Gabon, s’inscrivaient au terme d’un intervalle pendant lequel, sous l’impulsion de Jacques Foccart, la France s’était ingéniée à utiliser le Gabon non seulement comme « base militaire » mais aussi comme « plate forme d’accueil » des petits enfants biafrais. En suscitant ici, les financements importants des sociétés françaises installées au Gabon, là, la bienveillance, la solidarité et le réveil de la « fibre humanitaire », la France s’employait à favoriser l’adoption par les familles gabonaises des enfants biafrais, lesquels étaient à dessein, présentés comme « des transfuges miraculés des camps de concentration nigérians ».

               La famille du Président du Gabon, dans le même intervalle, avait été convaincue de la nécessité de s’impliquer tant financièrement, matériellement qu’humainement à « la campagne humanitaire de sauvetage des petits enfants biafrais » Dans cet élan de générosité calculée visant de « blanchir » des accusations américaines et onusiennes la France par un lobbying politique que financier et militaire, pressant parviendra à faire baisser la garde » au Président Bongo en obtenant de ce dernier qu’il donne l’exemple en adoptant au sein de la famille présidentielle, des enfants biafrais qui seraient « la preuve et la caution morale du caractère humanitaire de l’implication de son implication au Nigéria ».

               En recevant dans le courant de 1969, deux petits biafrais choisis à la mission Saint André située près de l’Hôtel de la Résidence, un garçon et une fille qui auraient, au préalable, été recueillis trois semaines plus tôt dans la famille de l’Ambassadeur Itinérant Pierre Fanguinovény avant  leur arrivée au Palais présidentiel, la famille BONGO, conformément à la loi gabonaise qui exige une présence minimale d’un an au sein de la famille adoptive, procédera dans les normes et règles, à l’adoption officielle de la petite fille visiblement plus grande de taille et le garçon qui va recevoir le nom d’Alain Bongo.

Buffon écrivait : « le style c’est l’homme ».

Le style Bongo fait de simplicité désarmante et de ruse affinée, d’apparents tâtonnements enveloppant la lucidité et la clarté de l’information, de réponses sibyllines permettant d’échapper au piège tendu des questions embarrassantes, est resté une constante de « l’univers de la parole » du Président gabonais.

               Un « Secret de Polichinelle » veut que l’adoption des deux petits biafrais soit incidente à «l’attente infructueuse » d’une descendance issue de KAMA Joséphine épse BONGO, devenue après une « houleuse séparation », Patience DABANY.

               Alain BONGO et « sa sœur » sont pour ainsi dire, en 1970, des « membres incontestés » de la famille présidentielle du Gabon avec « l’adoublement » de la France, profondément impliquée dans « l’acte d’adoption ».
              
               Notre modeste approche campe « le propos d’époque » du jeune Président du Gabon, au pouvoir, depuis peu ou prou trois ans, pour y relever au-delà de la ruse intuitive, l’envergure prémonitoire et la portée historique que revêt « l’acte anodin d’adoption », opéré dans des circonstances visant à maintenir la stabilité d’un pays qu’il dirigera pendant quarante deux ans.

               Nous convenons, toutes proportions gardées, de ne pas nous aventurer dans des conjectures qui pourraient biaiser notre analyse. Nous plaidons cependant qu’il nous soit autorisé d’objecter que « les racines du mal gabonais » résident dans la genèse même de l’accession au pouvoir d’Albert Bernard BONGO, qui, privé de « coudées franches » et de « marge de manœuvre » à l’entame de son « magistère présidentiel », s’est contenté de ruser avec la contingence, et les actes «d’allégeance à la métropole » ; au final, de « régner » au lieu de « gouverner ».

               Est-il vraiment surprenant qu’à la quarantième année de « son règne », OMAR BONGO ONDIMBA se soit livré le 02 Décembre 2007, à une analyse acerbe de ses quatre décennies de Pouvoir ? Dans cette diatribe « hallucinante », il accusait notamment l’élite politique et la classe dirigeante gabonaises d’avoir fait « main basse » sur les fonds destinés au développement : « Je sais que l’état de notre réseau routier, de nos infrastructures sanitaires et scolaires, de nos moyens de transport publics, a connu une grave dégradation (…) l’Etat est aujourd’hui affaibli par l’ethnisme, le clientélisme, l’affairisme, la corruption, une politisation outrancière, qui ont gangréné les pouvoirs publics (…) les détournements (…) la course à l’enrichissement illicite (…) l’impunité ambiante dans la haute fonction publique (…) ont été autant de freins au développement (…)» d’un pays disposant de considérables ressources en bois et en minerais. Dans ce même discours, Omar BONGO stigmatisait la classe dirigeante, lui reprochant depuis le retour au multipartisme, en 1990, « de consacrer beaucoup trop de temps à la politique (…) au détriment de l’action publique ».

               « Le gouvernement » devrait-il poursuivre « ne saurait être un rassemblement de roitelets ». A l’adresse de son premier Ministre Jean EYEGHE NDONG, il prescrira de former « le moment venu », une nouvelle équipe « resserrée », plus intègre et plus efficace. A ce sujet, il dira : « Je constate, pour le regretter chaque jour, que nous n’avons pas toujours fait ce qu’il fallait pour préserver les nombreux acquis  engrangés au fil des ans ». Tout en déplorant « le coût de la  vie et le chômage »,  il conclura en ces termes : « il est grand temps que la classe dirigeante (…) cesse de ne s’investir que pour elle-même au détriment de l’action publique ».
               Le « bilan de son règne » dressé le 02 décembre 2007 est autant justifié qu’accablant, même si, à l’évidence, il omet de critiquer « le système Bongo » dont la captation forcenée des flux d’argent par les « barons » a entraîné du haut jusqu’en bas de la hiérarchie sociale, un esprit de lucre. C’est dire que « le moteur du système Bongo », n’a jamais été « la recherche du bien public » mais « la corruption ». En cela, la classe dirigeante stigmatisée dans « le testament du 2 décembre 2007 » est « sa propre création » et au sommet de cette classe, il y a Bongo lui-même, sa famille et ses proches.
               Se sachant affaibli par la maladie et songeant sans doute à l’héritage à l’aune duquel la postérité le jugerait, OMAR BONGO ONDIMBA a malgré lui ouvert « la Boîte de Pandore » qui constituera « le cœur du mal gabonais», à savoir : sa «succession ».
2. LE CŒUR DU MAL…
OMAR BONGO ONDIMBA s’est préoccupé pendant son long « règne » d’asseoir une fortune personnelle considérable en mesure de lui autoriser « l’achat des consciences », le clientélisme politique, le contrôle du jeu politique, « le verrouillage des sommets du pouvoir ». A la fin de son « règne » il ne supporte plus ce monde qu’il a lui-même façonné, lequel consistait à exacerber les jalousies en jouant les uns contre les autres, promouvant les uns pendant qu’il rétrogradait les autres… Il est ulcéré par les « reptations » devant lui de la classe politique française à la recherche de ses « subsides ». Il peine à comprendre « la rupture » annoncée par Nicolas Sarkozy en dépit de « l’aide substantielle » qu’il lui a apportée. Il éprouve amertume et mépris à l’endroit du Ministre français des Affaires Etrangères, Bernard KOUCHNER avec qui il s’est  montré si généreux. Il avoue être « écœuré » par toute « cette engeance qui n’a pas la reconnaissance du ventre ». Il s’inquiète des « déchirements » qui pourraient survenir au sein de sa « descendance » estimée selon certaines sources introduites, au nombre de 54 enfants reconnus par OMAR BONGO lui-même.
Aux dernières années du long règne d’OMAR BONGO,  la rumeur dont nous disions au début de ses lignes qu’elle est, au Gabon, une redoutable machine de propagation d’informations justifiées ou non, est mise en marche. Les signes de la fin du règne se précisent. Les luttes politiques, familiales, lignagères sont exacerbées. La succession est ouverte, « la Boîte de Pandore » aussi.
Quel en est « pêle-mêle » le contenu ?
1986 André M’BA OBAME, Fang du Woleu-Ntem lié à Ali Bongo par l’amitié, la politique et l’ambition, instruit ce dernier d’un projet dénommé « AKOMA M’BA » vocable FANG désignant « le Roi des  rois ». Ledit projet vise à instaurer une monarchie héréditaire au Gabon : Omar BONGO devenu « Roi », Ali BONGO serait « le Prince héritier », l’ethnie majoritaire Fang du Woleu-Ntem dont les chefs coutumiers sont réputés lui être opposés, ayant pris fait et cause  pour « le Roi des Tékés » dans le Haut-Ogooué. Comme de coutume, de volumineuses enveloppes circulent. L’opposition des « Barons » du Woleu-Ntem, est violemment exprimée par l’un d’entre eux, Julien M’POUHO, très introduit dans le cercle rapproché d’Omar BONGO : « Si tu es fatigué, rends le pouvoir au peuple » aurait dit au Président gabonais, le  baron fang qui n’entendait à aucun prix, entériner ou cautionner l’idée « ubuesque » d’une  « monarchie constitutionnelle » au Gabon. Néanmoins, les partisans de « l’Akoma M’BA » sont tenaces. Ils prétendent que le projet suscite un engouement populaire inégalé dans le woleu-Ntem… Ledit projet est finalement rejeté par la France de la « cohabitation ».
La succession d’OMAR ne se fera pas selon les usages monarchiques : Ali BONGO ne pourra par conséquent devenir « Prince héritier ».
Le « Tandem » André M’BA OBAME (AMO) et Ali BONGO ONDIMBA (ABO) ne désempare pas. Tous deux entendent « bousculer » les « gérontes » du Parti Démocratique Gabonais (PDG), rajeunir la classe politique. Le harcèlement assidu  d’Ali et les fortes pressions de Joséphine  KAMA, ex-épouse BONGO devenue Patience DABANY, finissent par faire plier Omar BONGO. Ali BONGO ONDIMBA est nommé en 1989, Ministre des Affaires Etrangères dans le Gouvernement de Casimir OYE M’BA.
1989-1991 :  Excédé par « les bourdes de son fils » notamment à l’ONU et à Washington, Omar BONGO qui avoue à ses proches, son exaspération au sujet de l’incapacité de son fils à exercer les fonctions ministérielles, voudrait s’en séparer. En réalité, le Président est mécontent de la proximité qu’entretient son Ministre des Affaires Etrangères avec « la Vipère » ainsi qu’il désigne son ex-épouse dont il redoute « l’influence » et « la grande capacité de nuisance »…
La destitution d’Ali des fonctions de Ministre des Affaires Etrangères se fera par le biais d’un décret, initié par Omar BONGO et mis dans les formes idoines par Jean Pierre LEMBOUMBA, homme de confiance et Directeur de Cabinet du Président. Le décret stipule l’interdiction à tout Gabonais âgé de moins de trente cinq ans d’occuper un poste ministériel. Ali BONGO a moins de trente-cinq ans en 1991, il sera donc destitué de ses fonctions.
Il s’agit pour le Président et son Directeur de Cabinet, au-delà de la destitution d’Ali BONGO, de lui « barrer la voie » de l’accession à la Présidence du Gabon.
L’article 36 de la Constitution est révisé. Il stipule notamment que : « les membres du Gouvernement sont choisis au sein du Parlement et en dehors de celui-ci. Ils doivent être âgés de trente cinq ans au moins et jouir de leurs droits civils et politiques ».
L’article 10, quant à lui, spécifie que « toute personne ayant acquis la nationalité gabonaise ne peut se présenter comme candidat à la Présidence de la République. Seule sa descendance ayant résidé sans discontinuité au Gabon le peut à la quatrième génération ».
La révision de la Constitution ainsi opérée conforte les « gérontes», « caciques » et « barons » de tous bords qui vont dès lors se livrer sans merci, à des luttes, fratricide, à des « combats diurnes et nocturnes ». On assistera à des  divisions et rancœurs irascibles, ressentiments et tentatives d’assassinat, crimes rituels et politiques au sein de la classe politique gabonaise. Les « rénovateurs », mis à l’écart par la révision de la Constitution perdent leurs portefeuilles. Le rajeunissement de la classe politique pour lequel militent ardemment Ali BONGO ONDIMBA et André M’BA OBAME, n’aura pas lieu. Pire, Omar BONGO, fidèle aux pratiques de son système, a procédé au remplacement arithmétique d’Ali BONGO par sa sœur Pascaline BONGO au Ministère des Affaires Etrangères.
L’inimitié avec sa sœur Pascaline, née de cette période au cours de laquelle, après l’avoir éloigné du pouvoir financier, son père a tenté de l’éloigner du pouvoir politique, ne faiblira pas.
Jean-Pierre LEMBOUMBA indexé par Omar BONGO comme l’auteur de la disgrâce d’Ali, essuiera en Janvier 1992, une tentative d’assassinat que la rumeur fondée ou supposée, a attribuée à Ali.
Après son exil en France, Jean-Pierre LEMBOUMBA, « miraculé de la tentative d’assassinat », devient en début 1993 un farouche opposant à Omar BONGO. Le soutien de poids qu’il apporte au candidat de l’opposition Paul M’BA ABESSOLE à l’élection présidentielle de décembre 1993, traduit « un désamour » qui, à la suite d’âpres et longues négociations entre chefs coutumiers Tékés  Obambas, trouvera dix ans plus tard, une issue digne d’une « véritable paix des braves ».
En effet, pour sceller leur réconciliation devant les Tékés et Obambas, réunis au sortir de la salle de conférences de la Cité du 12 mars, le Président Omar BONGO adjoint à son nom « ONDIMBA », patronyme Obamba, et nomme le 10 mars 2003, Jean-Pierre LEMBOUMBA au poste de Coordinateur Général des affaires présidentielles.
La première élection présidentielle libre de décembre 1993, organisée par le Gabon, ébranle considérablement « le système BONGO » décrié, conspué, et au bord de « l’effondrement ». Les arrangements entre Omar BONGO et le père spiritain Paul M’BA ABESSOLE pour un « partage du pouvoir » tournent court. La France inquiète des menaces qui pèsent sur le séjour de son importante communauté, épie toutes les inclinations à la radicalisation de l’opposition, comme celles des « caciques » du pouvoir. Elle finit, après de nombreux atermoiements, à se satisfaire du « coup d’état électoral » d’Omar BONGO qui, avisé de n’avoir pas obtenu la majorité au premier tour, savait périlleux « un second tour ». La proclamation de sa victoire à ladite élection, est suivie d’un cycle de répressions, de menaces et de cantonnements de l’opposition au prix de secrètes négociations, de prébendes distribuées et de rentes attribuées…
L’ordre règne. Le « système BONGO » revient de loin. Il n’est cependant pas à l’abri des tourments propres aux « mystères » de la « forêt », de la « mer », et de la « savane », encore moins aux turpitudes de « l’invisible », de « l’irrationnel » de « la nuit » dont nul n’ignore en Afrique qu’ « elle accouche du jour ».
2003-2009 : Omar BONGO se sait malade. Il ne renonce cependant pas à se présenter à la Présidentielle de 2005. Prépare-t-il sa succession ou songe-t-il à en retarder le plus longtemps possible, l’échéance ?
Alors qu’il a choisi de confier le pouvoir financier de la famille BONGO à son « totem », Pascaline BONGO, et qu’il a tenté d’éloigner du « pouvoir politique » Ali BONGO, son fils certes mal aimé, mais dont il sait intacte l’ambition de lui succéder, Omar BONGO ONDIMBA affaibli par une santé chancelante, affecté par le décès le 09 avril 2006, de son vieil ami Georges Rawiri, Président du Sénat, se lasse de plus en plus du « système » qu’il  a mis sur pied afin de s’assurer son « long règne ». Il est davantage tourmenté par la très mauvaise relation entre Edith SASSOU épouse BONGO atteinte d’un cancer de cerveau peu fréquent et hospitalisée à Rabat.
Le 03 mars 2008, la chaîne française France 2 diffuse une longue séquence sur « les biens mal acquis » de la Famille BONGO, tout en insinuant « le complot ourdi par André M’BA OBAME, Ali BONGO et « certaines autorités françaises » pour pousser au plus vite Omar BONGO à la sortie. Se sentant trahi par l’Elysée, résolu à s’opposer aux manœuvres « dans l’ombre » comme « sous la lumière » d’Ali  BONGO, Omar BONGO conclut désemparé : « c’est le prix de l’adoption !».
Comment expliquer ces propos, prêtés ou avérés qu’Omar BONGO aurait tenus en novembre 2008, au Monsieur Afrique de Nicolas SARKOZY, Robert BOURGI et que lui contestent les proches du « vieux » : « désormais, il faut que Nicolas reçoive Ali. Il doit me succéder à condition que ce choix soit ratifié par le peuple. Et, il faut qu’il dirige en tandem avec Pascaline, qui a davantage la pratique de l’exécutif. Pascaline, c’est mon totem… Mais, malgré ce choix, celui qui n’a jamais disparu de ma tête, c’est André M’BA OBAME. Il  est pour moi comme un fils. J’ai une totale confiance en lui. Nous sommes complémentaires… »
« Le prix de l’adoption » avait-il pour rançon « la succession » ? Contesté, indexé, combattu, écarté stigmatisé mais toujours présent et pressant, Ali BONGO n’était-il pas dans « la foire d’empoignes » à laquelle se livraient les membres de la famille présidentielle et de « la cour » gabonaise, celui qui était le mieux initié, introduit, informé et pétri des mœurs, pratiques et batailles qui avaient cours dans les hauts lieux du pouvoir gabonais pendant quatre décennies ?
Sa connaissance des arcanes de la politique française, du jeu politique et des enjeux liés à la richesse du Gabon, laisse-t-elle penser autrement qu’il a été « à l’ombre » préparé à « la succession » de son père ? Préparé au sens d’être prêt… ?
En focalisant la rumeur et en propageant les humeurs et ressentiments d’Omar BONGO à l’endroit d’Ali, la « rumeur » n’a-t-elle pas permis au « vieux » de cacher son jeu aux uns et aux autres : exposer son fils Ali BONGO, moins pour « barrer » à ce dernier la voie du pouvoir  que pour lui-même, « durer » le plus longtemps au pouvoir ?
Des questions qui demeureront sans doute sans réponse.
Il reste que le 06 Juin 2009, Omar BONGO ONDIMBA meurt. Adossé sur le solide maillage de son réseau d’amitiés, les flux puissants de financements occultes ou avoués, sa qualité de Ministre de la Défense, Ali BONGO ONDIMBA qui est loin d’ignorer qu’il sera confronté à l’article 10 de la constitution, devenu le seul enjeu majeur de l’élection présidentielle d’août 2009, comme cela aura été le cas hélas, pour celles d’août 2016, s’est maladroitement prémuni d’un « vrai faux acte de naissance » abondamment commenté par « la littérature journalistique » gabonaise, bien que jugé recevable par la Cour Constitutionnelle …
Revenir sur l’article 10, sept ans après la présidence contestée d’Ali BONGO, n’a permis que la réouverture de « la Boîte de Pandore » qui cantonnera l’opposition gabonaise dans la « posture réductrice » des investives, et l’entraînera sur la pente glissante, des « pétitions de principe »,des menaces de soulèvements, des récriminations sur « la légion étrangère » qui gouverne le Gabon, et pille sans vergogne ses richesses.
Selon l’opposition gabonaise toutes tendances confondues, les prédateurs qui ont, par « une flagrante effraction » fait main-basse sur l’immense potentiel gabonais, sont « des étrangers ». Elle stigmatise à tout va, « le bilan jugé nul » d’Ali BONGO et de sa « légion étrangère », demande au peuple de se soulever pour réclamer « son droit au développement », relève que la misère, la pauvreté, le chômage, la déscolarisation, la dégradation des infrastructures sanitaires se sont accrus sous le septennat d’Ali BONGO.
S’il est de « bonne guerre » pour l’opposition gabonaise de tirer sans discontinuer sur « le bilan » d’Ali BONGO, il demeure constant qu’elle éprouve  beaucoup de peine à se démarquer par « un projet alternatif véritable »
« L’égrenage du chapelet de promesses » du candidat Jean PING « héritier du système Bongo » peut tout aussi laisser perplexe.
Pour avoir fait de l’article 10 de la constitution son « cheval de bataille », Jean PING, « né au Gabon et nulle part ailleurs » suivant ses propres termes, a-t-il la mémoire assez courte pour oublier qu’en Afrique et partout dans le monde, « il n’y a de véritable paternité que d’adoption ?
Lui sera-t-il possible de faire « oublier aux Gabonais » ses origines « asiatiques » ?
Est-il sûr qu’en s’engouffrant dans la querelle orchestrée de son propre chef sur l’article 10 de la Constitution gabonaise, et qu’en ouvrant « grand », « la  Boîte de Pandore » destinée à écarter un « Africain » fût-il Ibo du Biafra, et adopté dans les normes, au sein de la famille Bongo qui lui a tout donné, tout appris, il ne ferme pas à son ascendance « les portes » de la présidence gabonaise ?
C’est à Omar BONGO ONDIMBA que Jean Ping doit son ascension à la tête de la commission de l’Union Africaine. Les africains ont mal vécu son soutien à la France et son immixtion dans l’éviction en Côte d’Ivoire de Laurent GBAGBO, constitutionnellement déclaré vainqueur de l’élection présidentielle ivoirienne de 2010, ainsi que son retournement spectaculaire adoubant Alassane DRAMANE OUATARA, soutenu par « la Communauté Internationale » en réalité « l’Axe France-Etats-unis ».
Les Gabonais, les Africains de souche ou d’adoption « ont-ils la mémoire assez courte » ?
Oublient-ils que la France ne se ferait pas prier pour « imposer » celui qui, par un « pacte non écrit », présenterait « l’offre la plus alléchante » du Gabon, en « termes de sauvegarde des intérêts » de l’ancienne métropole ?
Or il est connu, dans ce « marché occulte de dupes » qu’Ali BONGO ONDIMBA a négocié durant son septennat, la révision des «parts » revenant au Gabon avec plus ou moins de succès et tient « le bon bout ».
En mettant « les pieds dans le plat d’un article » destiné à faire « durer » le « vieux » et stigmatiser « l’adoption », Jean PING dont la présidence à la commission de l’Union Africaine a prouvé qu’il ne « sent Africain » que « par procuration »,  n’aurait-il pas promis en cas d’élection de « procurer de meilleures garanties de sauvegarde des intérêts français au détriment de ceux des Gabonais » ?
L’élection présidentielle de 2016 se déroule certes au Gabon, mais son enjeu majeur nul ne s’y trompe, réside dans « la capacité de négocier » avec la France, « les garanties apportées », pour une future « révision des parts qui reviendront à la France ». Qui, mieux que le Président sortant, peut poursuivre et obtenir un partenariat gagnant-gagnant entre la France et le Gabon ?
Tabler sur le mal-aimé, l’étranger, l’imposteur, pour affirmer « sa gabonité », c’est commettre  une « hérésie » politique sur les " fleurs du mal"… gabonais.
3°- Les « fleurs du mal… »
               Les "Fleurs du mal" gabonais… sont la « métaphore » d’un pays doté d’immenses richesses qui eussent pu en faire un véritable « Emirat » en Afrique Equatoriale au même titre que les Emirats du Moyen-Orient. En somme, le Gabon est une « Fleur » épanouie et odorifère en pleine forêt équatoriale dont les « pétales » pour « la fragrance de leur parfum rare » subissent les assauts répétés de la cueillette, une cueillette forcenée à des fins lucratives et vénales qui ne profitent jamais aux jardiniers qui la cultivent et sont censés en être « les gardiens ».
               « Le trait est certes forcé… » « L’idée demeure : celle du grand dessein » auquel était prédestiné le Gabon du fait précisément de ses grandes richesses, vendangées par l’exploitation effrénée de ses gisements de pétrole et de ses minerais (or, manganèse), le pillage systématique des rentes qui en découlent, la mal gouvernance orchestrée par une classe dirigeante, préoccupée de s’accaparer toutes les rentes, de s’enrichir outrageusement, « de semer la peur » pour en « récolter la misère silencieuse du peuple ».
Projeter ou ambitionner de se hisser au magistère présidentiel du Gabon nécessite, à l’analyse, une parfaite  connaissance du « mal » dont souffre le Gabon, à savoir : l’ahurissant contraste existant entre l’immense potentiel du pays et le faible indice de son développement humain.
La problématique  impérieuse de la gouvernance future du Gabon est la suivante : là où « les chasses-gardées se sont multipliées » faisant « main-basse » sur les richesses, comment parvenir à inverser la tendance  en réorientant vers le plus grand nombre, l’investissement et la production des richesses ?
               Comment transmuer les « fleurs du mal » en « fleurs du bien-être, du mieux-être collectif » ?
               Les candidats les plus en vue de l’élection présidentielle du 27 Août 2016 au Gabon en l’occurrence Ali BONGO ONDIMBA et Jean PING sont de purs   « produits du système Bongo ». Ils sont donc comptables et co-responsables des « maux dont souffre le Gabon », à la seule différence que le Président sortant assume « les fleurs du mal », la tête de liste « autoproclamée » de l’opposition les fustige comme pour s’en dédouaner.
               A ce jeu, l’opposition est dans son rôle ; sauf qu’elle alimente « la peur » en s’ingéniant à faire croire au peuple qu’«il ne doit plus avoir peur ».
En se substituant au peuple déjà proclamé vainqueur, l’opposition prend ce même peuple en otage des mots d’ordre qui suivront un résultat cntraire à « savictoire ».
En conditionnant le peuple à une victoire certaine de l’opposition, les candidats réunis sous la houlette de Jean PING, y compris lui-même, appellent le peule à la violence s’ils ne sont pas victorieux.
Le tropisme antidémocratique du courant « PING » n’étonne pas. L’instrumentalisation du peuple, mis à l’écart de la jouissance des richesses du Gabon, quand ils étaient aux affaires, est une fois de plus la preuve du mépris, de la manipulation politicienne, de l’irrespect du peuple qu’on prétend vouloir servir à l’avenir.
               « Le peuple vainqueur », n’a jamais été « la tasse de thé » des usufruitiers du « système BONGO ». C’est connu, toutes les victoires à l’élection présidentielle du Gabon ont été acquises à « l’étranger ». Jean PING, ancien Président de la commission de l’Union Africaine, le sait mieux que quiconque, lui qui s’est dédit, lorsque la France a décidé d’imposer Alassane DRAMANE OUATTARA à la tête de la Côte d’Ivoire, en lieu et place de Laurent BAGBO, Président élu et reconnu par la Cour Constitutionnelle Ivoirienne.
               En se portant à la tête de l’opposition, Jean PING a sans doute en tête « la transposition du scénario  ivoirien au Gabon ». Il se trompe  doublement : Primo, le Gabon ne subit pas une rébellion armée ayant, comme ce fut le cas dix ans durant, coupé la Côte d’Ivoire en deux ; secundo, les peuples de la savane sont distincts de ceux de la forêt.
               Le courant de l’opposition qui soutient Jean PING « n’a de cesse, depuis le début de la campagne, de se montrer virulent à l’égard d’Ali BONGO ONDIMBA. Ce courant « PING » n’envisage, au mépris du peuple, aucun autre verdict que celui de sa victoire à l’issue du scrutin du 27 août 2016. « La résistance populaire » que l’opposition conduite par Jean PING promet, si « sa victoire lui est volée », donne aux Gabonais la preuve par excellence, que leurs suffrages comptent très peu dans « la ballade électorale » du 27 août, laquelle serait assimilable à « une ballade de santé ».
               Une telle attitude faite de condescendance et de mépris serait-elle attribuable au soutien requis et obtenu à « l’étranger » par Jean PING et ses affidés ?
               La rumeur, nous l’avons dit, est un invariant des us et coutumes au Gabon. Mieux, elle est au Gabon, ce qu’Aragon écrivait au sujet de « la littérature » : « un   mensonge qui dit la vérité ».
               D’après la rumeur qui ne tranche malheureusement pas avec la posture du courant de l’opposition dont Jean PING est la tête de liste, « le devoir de violence » préconisé, vise à asseoir la mobilisation de ceux qui veulent en découdre avec « le système Bongo », et ils sont nombreux mais précisément « en dehors du système » auquel « PING et ses colistiers » appartiennent. Obtenir au besoin par « la force », « la victoire » qu’ils n’ont pas pu obtenir par « les urnes » est une aventure périlleuse. L’instrumentalisation « des mécontents du système » peut dès lors être approchée comme « le blanchiment » des exactions et actions posées alors qu’ils étaient les privilégiés et bénéficiaires du « système BONGO ». Elle s’assimile ainsi à la recherche d’une «caution morale et populaire » pour les exactions futures qui mettront en péril la vie des Gabonais, sacrifiés à l’autel d’une victoire déjà proclamée à l’étranger.
N’est-ce pas, en l’espèce, l’occurrence la plus plausible ?
Le nom de l’avocat Robert BOURGI est avancé. Le Monsieur Afrique de l’ex-Président français Nicolas SARKOZY qui, en 2008 a contribué activement à faire d’Ali BONGO ONDIMBA, le candidat de l’Elysée à l’élection présidentielle du Gabon d’août 2009, aurait-il jeté son dévolu sur Jean PING ?
               Le « changement de chaises musicales » au Palais du bord mer, conçu par le lobbying de Robert BOURGI, au profit de Jean PING, est de notre point de vue, une nouvelle insulte adressée au peuple gabonais qui aspire à mieux que « les faits d’armes » du « Leader de l’opposition 2016 » dont le « larbinisme » vis-à-vis de la France, alors qu’il siégeait  à la tête de la Commission de l’Union Africaine » se doit d’être invoqué, le 27 août 2016, pour éviter au Gabon, « l’arrivée à sa tête, d’un « ange » qu’il ne connaît pas, et lui préférer «un diable» qu’il apprend à connaître ».
               Les cris d’orfraie qui s’élèvent pour stigmatiser la confiscation des médias publics gabonais, dénoncer la CENAP (commission électorale nationale autonome et permanente) accusée d’être inféodée au Parti Démocratique Gabonais, participent de la stratégie de l’opposition : ébranler le moral des électeurs en leur prédisant « preuves » à l’appui que l’élection ne serait pas transparente, que sa victoire lui serait volée, avec pour objectif, favoriser le maximum d’abstentions, le jour du vote.
               Notre avis à la veille du scrutin présidentiel du 27 août 2016, est que la forte mobilisation médiatique au cours de cette élection, a offert un large champ médiatique à tous les candidats. La preuve en est que chaque candidat a pu s’exprimer. Certains, notamment Ali BONGO et Jean PING ont bénéficié d’un traitement de faveur dans des médias dont ils sont proches. Le candidat Jean PING se serait même offert le luxe de décliner sa participation à l’émission « Le Débat », sur la chaîne publique gabonaise. Par ailleurs, René ABOGHE ELLA, Patron de la CENAP, donc des élections au Gabon, est, c’est de bonne guerre, contesté pour son fichier électoral, alors que le devoir de l’opposition devait consister à veiller en amont », au lieu de se satisfaire de « supputations ».
               Pour les premières élections biométriques de l’histoire du Gabon, Ali BONGO ONDIMBA ne peut s’appuyer que sur son bilan. Tout comme Jean PING, il connaît la sociologie, les rouages et mœurs politiques du Gabon. A la différence de l’autoproclamé « leader de l’opposition », Ali n’a pas 74ans mais 57ans. Il est donc proche de la « jeunesse » que les « caciques » ont encagoulée, pendant plus de « quarante ans ».
               Dans une confidence qui a retenu notre attention, le Président sortant, évoquant une entrevue avec son père, révélait : « J’applique à la lettre ses préceptes. Il m’a bien dit que, avec tout ce qu’il avait fait pour les uns et les autres, je ne devais rien à personne, sauf au peuple gabonais (…) et que certains avaient fait leur temps et n’étaient plus en mesure, compte tenu de leur passif de réclamer quoi que ce soit ».
               Suivez mon regard. Il poursuit : « les gabonais (…) savent ce qui se passe ailleurs dans le monde. Ils aspirent à autre chose qu’à des débats qui n’ont ni queue ni tête, entretenus par des hommes du passé, des ingrats qui n’ont que l’injure, le négativisme, la violence et la haine à prodiguer ».
               « Aléa Jacta es ». Les dés sont jetés.
La prophétie d’Albert Bernard BONGO de Janvier 1970, son « testament » contre son propre système alors qu’il est Omar BONGO ONDIMBA, le 02 décembre 2007 ne doivent-ils pas faire entendre et comprendre aux Gabonais que « la Pierre que les bâtisseurs ont rejeté » était destinée à servir de « pierre d’angle» à «la construction du Gabon » et à son émergence à l’horizon 2020 ?
               La seule réponse qui nous vient à l’esprit est le mot du psalmiste :
« Qui sème dans la douleur récolte en chantant ! ».
Quand l’inénarrable a lieu, que l’ineffable finit par se produire, que « Celui à qui on a jeté la pierre » devient le seul à pouvoir conduire ceux qui « l’ont lapidé », il faut avoir suffisamment de hauteur pour comprendre que « le destin » a des sinuosités qui échappent à « l’entendement humain » et rend « possible, l’impossible ».
A bon entendeur salut !
Paris le 27 août 2016

Guy Samuel NYOUMSI
​                                ​
Président de Solidarité Africaine de France​

Vice-président du Conseil Représentatif des Associations Noires de France (CRAN),
Chargé des Relations avec l’Afrique et des Affaires Internationales
Contact : gsnyoumsi@gmail.com